Pourquoi avoir attendu 20 ans pour tourner un nouveau "Rambo" ?
En fait, j'ai fait un certain nombre de mauvais films ces 10 dernières années et je n'ai pas eu l'opportunité de reprendre ce rôle qui, de plus, était passé de mode. Mais, grâce au succès de "Rocky Balboa", j'ai pu faire "John Rambo". La situation en Birmanie plus ma volonté de montrer un Rambo désabusé m'ont aidé à écrire ce nouveau scénario.
Avez-vous ressenti le besoin de faire un dernier "Rambo" et un dernier "Rocky" pour boucler la boucle ?
Oui, je peux jouer différents rôles, mais c'est en Rambo et en Rocky que le public me préfère. Tout le monde ne peut pas être Daniel Day Lewis, alors j'ai décidé d'accepter cette situation, d'être loyal envers mon public et de faire à nouveau ce que je sais faire de mieux.
Dans "John Rambo", j'ai tenu à ce que Rambo accepte enfin ce qu'il est vraiment, un "killer", et qu'il comprenne enfin qu'il n'a pas tué pour son pays.
Pourquoi avoir choisi la Birmanie alors que les Etats-Unis n'y sont pas engagés ?
Envoyer Rambo en Irak et faire croire qu'un seul homme peut gagner une guerre, ce serait insulter les soldats américains présents sur place. J'ai choisi la Birmanie parce que c'est l'endroit au monde le plus dangereux actuellement.
C'est le premier "Rambo" sans l'acteur Richard Crenna, décédé il y a quelques années. Le scénario aurait-il été différent s'il était encore en vie ?
C'est une bonne question, qui va me permettre de vous faire une révélation : à un moment, j'ai pensé remplacer Richard Crenna par mon ami James Caan, qui aurait été un agent de la CIA, venu recruter Rambo, mais ce n'était pas crédible alors j'ai abandonné cette idée.
L'année dernière lors de la conférence de presse de "Rocky Balboa", vous aviez affirmé ne pas avoir très envie de tourner un nouveau "Rambo". Le tournage vous a-t-il procuré néanmoins du plaisir ?
Oui, vraiment, j'ai adoré faire ce film. Au départ, j'avais recruté un jeune réalisateur pour insuffler un nouvel élan à "Rambo", mais son approche n'allait pas dans le bon sens, alors j'ai décidé de réaliser moi-même le film, en me mettant à la place de Rambo.
Le film est très violent. Pour quelle raison ?
La violence du film ne fait que refléter celle qui existe aujourd'hui en Birmanie. J'ai voulu faire un film de guerre réaliste pour provoquer une prise de conscience. Je suis vraiment fier de ce film pour cette raison.
Pour ne pas avoir fait mourir Rambo à la fin du film ?
J'aurai pu le faire mourir, mais ce n'était pas l'orientation que je souhaitais donner au film. Aujourd'hui, Rambo est retourné chez lui retrouver son père qui est indien.
C'est la fin de la guerre pour lui et le début d'un nouveau chapitre dans sa vie et peut-être l'idée pour une suite !
Quels sont vos projets ?
Un film sur Edgar Allan Poe, mais cela fait tellement de temps que je souhaite le réaliser...il était d'ailleurs prévu que je le fasse entre "Rocky Balboa" et "John Rambo".
Un remake de "Deathwish" est envisagé, mais la violence du film n'est rien comparée à celle d'aujourd'hui aux Etats-Unis. On verra, mais je ne veux pas faire de film trop violent...
Avez-vous envie de réaliser uniquement des films, et ne plus faire l'acteur ?
Absolument. Comme je le disais récemment à mon ami Arnold Scwarzenegger, je suis trop vieux pour me lever en pleine nuit pour faire des cascades !
En cette période électorale aux Etats-Unis, quel est votre candidat favori ?
C'est John MacCain. je l'ai rencontré, et je sais qu'il est l'homme de la situation pour combattre le terrorisme, régler les problèmes liés à l'immigration...et c'est un type bien, qui a du coeur.
A noter : le film "John Rambo" est une réussite. Tout d'abord parce que 20 ans après "Rambo 3", Sly est toujours au top.
Ensuite, parce que le film est passionnant et qu''il permet de se rendre compte de la situation en Birmanie.
Enfin, parce que ce 4e volet est très violent, mais la violence est parfaittement intégrée à l'histoire.
De plus, le film est parfois très émouvant (la dernière scène restera dans les mémoires), ce qui est plutôt rare dans ce type de long-métrage...
En un mot : un film incontournable.
Alain Haimovici